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Samedi 22 septembre 2007
La nuit tombe


le soleil s'est pudiquement retiré
derrière une dentelle de nuages
le ciel a pâli la mer a rougi
le soleil s'est lentement glissé dans la mer
clin d'oeil de la lune
la mer a dû s'ouvrir au loin pour l'accueillir dans sa fraîcheur

quant au ciel décomposé de solitude
il s'est assombri, desséché
sa toile craquelée a laissé apparaître
des diamants de jour à la cruauté sublime
percé de douleur le ciel noirci n'a jamais été plus beau

voilà comment chaque soir
meurtri par le départ du soleil
le ciel demeure dans sa douleur
tandis que les hommes admirent et la lune sourit







Par En Corps et en Mots - Publié dans : Plein les Yeux - Communauté : L'âme du poète
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Mercredi 19 septembre 2007
Lettre à un homme qui est un arbre noble


Cher homme à mon coeur

mon coeur

de petite fille
te remercie pour ta bienveillance de vieux tamarin
j'ai mis de l'amour dans mes doigts
et ils ont caressé tes genoux
tes genoux à la peau aussi fine et douce que celle d'un vieillard


mon coeur
de petite fille
te remercie pour ce que mon corps de femme n'a osé attendre de toi


j'ai talqué ton genou de douceur
pour en dégager l'amertume
et pour nourrir le bout de mes doigts de ta surface inexistante


puis tu as marché sur un autre chemin et j'ai regardé en rêvant
sans vraiment souhaiter te rejoindre

inexistante et inutile enveloppe
d'un homme arbre
à la force si profonde que les yeux le disent
et le crient même quand ils parlent de blessures

sous la secheresse de tes cils courts
des yeux aussi alertes que des jambes de fillette
qui savent le danger du jour et d'être en vie
racontent le combat
entre l'immobilité attentive du sage et la folie juvénile
du saint
tes yeux baissés qui voient tout....

homme chair
cher tamarin
mon âme te remercie pour la justesse de ta main à chaque pas

devenue toute petite de délice
devant la sûreté de ton pied
mon coeur d'enfant s'est gorgé d'admiration
mes yeux et toute ma peau se sont repus de ta présence
d'homme essentiel.

j'espère que ta voix et ton souffle respireront longtemps dans mon souvenir
souvenir de tes épaules minces, ton cou lesté, tes yeux solides
les plus intérieurs, bavards et urgents des yeux d'hommes



Par En Corps et en Mots - Publié dans : Lettre à - Communauté : Ecrire
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Lundi 17 septembre 2007
Retour de Mafate par le Col des Boeufs en hiver


Sortie de la montagne

Longue et douloureuse extraction des profondeurs de la montagne

Au détour de son flanc brun
Le souffle brusque, blanc
D'un vent de pluie
Crache des perles de brume qu'il enfile dans la peau des visages

Les corps s'engouffrent à travers le nuage glaçant
Retenus par la montagne
Comme des invités que l'on voit partir à regret

Sur les côtés pentus
Et brûlés par les autres jours
Les fleurs à la fraise regardent

Suspendues aux rives de la brume sifflante
Les fleurs à la fraise font saliver le coeur
De qui sait inhaler leur chant

Le marcheur à contre-courant
Soudain distrait par la mélodie flottante des champs improbables
Oublie de lutter
Le vent flotte

L'âme accotée à la montagne, il écoute
Escorté par ses rêves et les fleurs
Il glisse dans la brume onctueuse

La montagne, bergère bienveillante
Pousse ses pas vers leur destin de fruit
De couleur et de soif enjouée

Les âmes effritées
Abreuvées de roche et de ciel
Reprennent leur croissance et cherchent le soleil


Le chemin du voyageur s'est écoulé plus vite que le temps




Mafate--4-.jpg









Par En Corps et en Mots - Publié dans : Plein les Yeux - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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